|
|
Les Echos
Spécial biométrie - Les
Etats-Unis en sont encore aux tests et projets pilotes.
L'effervescence qui a agité le
petit monde de la biométrie après les attentats du 11
septembre tarde à délivrer des résultats concrets.
Mais le mouvement est lancé. En octobre 2004, tous les
visas comporteront deux éléments biométriques.
23.06.2003
de Laetitia Mailhes
Début juin, des représentants du gouvernement américain
et de l'industrie des technologies biométriques se sont
retrouvés à Washington sous les auspices du groupe de
conseil International Biometric Group (IBG). Au menu : les
problèmes de coordination qui freinent le déploiement des
initiatives de renforcement de la sécurité aux frontières.
«La lenteur du processus de décision et le manque de
coordination entre les différentes agences gouvernementales
est une grosse source de frustration pour l'industrie. De
nombreux projets pilotes sont lancés, mais le gouvernement
n'a pas encore dépensé un centime», selon Trevor Prout,
directeur marketing de l'IBG.
Avec moins de 500 millions de dollars de chiffre d'affaires
en 2003, le marché mondial de la biométrie reste modeste.
Aux Etats-Unis, quelque 400 sociétés sont apparues sur le
secteur depuis fin 2001, selon Brian Ruttenbur, analyste
chez Morgan Keegan : «Elles ont souvent été financées
par leur fondateur, génèrent moins de 1 million de dollars
de chiffre d'affaires et sont spécialisées dans des
applications commerciales, comme la sécurité des réseaux,
alors que la véritable opportunité se trouve du côté des
projets publics.» D'ailleurs, les capital-risqueurs sont
circonspects. Selon VentureOne, ils ont investi à peine 139
millions de dollars dans le secteur depuis le début de
2001, dont 36,65 millions l'an dernier.
Effervescence
En
revanche, le 11 septembre a fait rentrer la biométrie
dans le langage commun. Quelque 16 projets de loi ont été
introduits, dont 6 votés (notamment USA Patriot Act et
Enhanced Border and Visa Security Act), qui exigent le déploiement
de solutions à composants biométriques pour, entre
autres, améliorer la fiabilité du système
d'identification des individus résidant sur le
territoire américain, renforcer le contrôle aux frontières
et simplifier la vérification des voyageurs fréquents
dans les aéroports.
«Les
marchés publics ne se sont pas encore matérialisés.
Mais cela va arriver : je n'ai jamais vu une telle
effervescence dans ce secteur», souligne Grant Evans,
PDG de A4Vision, une société qui développe une
technologie 3D de reconnaissance du visage. 500 millions
de voyageurs entrent aux Etats-Unis chaque année, dont
330 millions ne sont pas des citoyens américains. Les
Etats-Unis comptent près de 400 ports d'entrée
terrestres, aériens et maritimes, et ont reçu l'an
dernier 8,4 millions de demandes de visas.
En outre,
le gouvernement a dû gérer la création du Department
of Homeland Security, composé de 43 agences et 140.000
fonctionnaires. «La main droite ne sait pas ce que fait
la main gauche», déplore Joseph Atick, PDG d'Identix
et vice-président de l'International Biometric Industry
Association (Ibia). Les questions d'interopérabilité,
d'intégration et de protection de la vie privée
ajoutent encore une dose de complexité. «Mais deux ans
d'efforts commencent à porter leurs fruits», affirme
Grant Evans. Première date butoir pour les Etats-Unis :
octobre 2004, lorsque ambassades et consulats américains
ne délivreront plus que des visas dotés de deux éléments
biométriques - photo et empreintes digitales.
|